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Ayoub Aïssiou
Homme de médias et homme d’affaires, Ayoub Aïssiou est un ressortissant algérien, demandeur d’asile en France. Il est détenu en Espagne, dans l’attente d’une décision d’extradition formulée par le régime algérien qui a trouvé des raisons fallacieuses et mensongères pour essayer de tromper la justice espagnole, mais aussi la justice française.
A media figure and businessman, Ayoub Aïssiou is an Algerian national and an asylum seeker in France. He is held in Spain, awaiting a decision on an extradition demanded by the Algerian regime, which has concocted fallacious and mendacious grounds in an attempt to deceive Spanish justice, and French justice as well.
Hombre de los medios y empresario, Ayoub Aïssiou es un ciudadano argelino, solicitante de asilo en Francia. Está detenido en España, a la espera de una decisión de extradición solicitada por el régimen argelino, que ha inventado motivos falaces y mendaces para intentar engañar a la justicia española, pero también a la justicia francesa.
25 juillet 2026
Audiencia Nacional
depuis 2019
sous 40 jours au maximum
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Trois gestes qui comptent
Three things that matter
Tres gestos que cuentan
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Difunda este expediente. El silencio favorece la extradición, la visibilidad protege. El silencio nos convierte en cómplices pasivos de un poder argelino que pisotea los derechos de todos los justiciables.
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Contacte a ONG, parlamentarios y redacciones. Cada apoyo cuenta antes de la decisión. Ya sea usted ciudadano francés o nacional de cualquier otro país europeo, diga que se niega a que nuestras democracias se conviertan en cómplices de Estados canallas como Argelia.
Le dossier · The case · El caso
Qui est Ayoub Aïssiou ?
Who is Ayoub Aïssiou?
¿Quién es Ayoub Aïssiou?
Un entrepreneur devenu la cible d’un pouvoir, une famille poursuivie, un homme aujourd’hui menacé de remise à Alger.
An entrepreneur turned into the target of a regime, a family prosecuted, a man now threatened with surrender to Algiers.
Un emprendedor convertido en objetivo de un poder, una familia procesada, un hombre hoy amenazado con ser entregado a Argel.
Ayoub Aïssiou est un homme d’affaires et une figure des médias algériens. Fondateur d’un groupe aux activités diversifiées, allant de l’importation à l’immobilier, il a notamment été propriétaire de la chaîne de télévision El Djazairia One. Comme nombre d’entrepreneurs de sa génération, son ascension s’est construite dans l’Algérie des années 2000 et 2010. Self-made man, il a gravi les échelons du monde des affaires à force de travail et de persévérance.
À partir de 2019, la chute d’Abdelaziz Bouteflika et l’arrivée au pouvoir d’Abdelmadjid Tebboune ouvrent une période de règlements de comptes, présentée sous les dehors de la lutte contre la corruption. Le groupe Aïssiou est d’abord visé, avant que les poursuites ne s’étendent à l’ensemble de la famille.
Le dictateur algérien a considéré que tous ceux, y compris parmi les hommes d’affaires, qui refusaient de lui prêter allégeance et de lui apporter leur soutien devaient être bannis. C’est dans ce contexte que le pouvoir d’Abdelmadjid Tebboune a décidé, de manière totalement arbitraire, de procéder à la fermeture de la chaîne El Djazairia One.
Le 17 décembre 2025, le pôle pénal économique et financier de Sidi M’hamed condamne Ayoub Aïssiou par défaut à vingt ans de prison, une peine confirmée par la cour d’Alger le 15 mars 2026. Son épouse, qui n’exerce au demeurant aucune activité professionnelle, ainsi que ses cinq frères écopent, quant à eux, de quinze ans de prison. N’ayant pu faire arrêter aucun des frères Aïssiou, qui avaient quitté le pays, le régime s’est alors retourné contre leur beau-père, l’ancien sénateur Bachir Ould Zemirli, condamné à sept ans de prison et détenu à l’établissement pénitentiaire de Koléa.
Installé en France depuis 2019, où il a déposé une demande d’asile, Ayoub Aïssiou y vit avec son épouse et ses deux filles. Au cours de l’année 2026, les services de police français l’auraient averti que sa sécurité était menacée. Plusieurs enquêtes seraient d’ailleurs en cours. Cette situation l’aurait conduit à rejoindre des membres de sa famille installés en Espagne.
Le samedi 25 juillet 2026, à son arrivée à l’aéroport de Barcelone-El Prat, à bord d’un vol en provenance de Casablanca, il est interpellé par la police espagnole en vertu d’un mandat d’arrêt algérien. Présenté à un juge de l’Audiencia Nacional, il est placé en détention provisoire dans l’attente de l’examen de la demande d’extradition formulée par l’Algérie. La justice espagnole doit rendre une première décision dans un délai maximal de quarante jours.
Cette demande, transmise par voie diplomatique le 3 juin 2026, s’appuie sur un mandat d’arrêt délivré le 9 avril 2026 par un juge d’instruction du pôle économique et financier d’Alger. Les autorités algériennes invoquent des faits présumés de complicité de faux en écriture publique, d’usage de faux et de blanchiment de capitaux en bande organisée.
Ces accusations sont contestées par Ayoub Aïssiou et sa défense, qui dénoncent une procédure à caractère politique. Ses conseils mettent notamment en avant son statut de demandeur d’asile et invoquent le principe de non-refoulement, qui interdit de remettre une personne à un État dans lequel elle serait exposée à un risque de persécution, de procès inéquitable ou de traitements dégradants.
Ayoub Aïssiou is an Algerian businessman and media figure. The founder of a group with diversified activities, ranging from import trade to real estate, he owned, among other ventures, the television channel El Djazairia One. Like many entrepreneurs of his generation, he built his rise in the Algeria of the 2000s and 2010s. A self-made man, he climbed the ranks of the business world through hard work and perseverance.
From 2019, the fall of Abdelaziz Bouteflika and the rise to power of Abdelmadjid Tebboune opened a period of score-settling, presented under the guise of the fight against corruption. The Aïssiou group was targeted first, before the prosecutions extended to the entire family.
The Algerian dictator considered that all those, including among businessmen, who refused to pledge allegiance and lend him their support were to be banished. It was in this context that Abdelmadjid Tebboune’s government decided, in a wholly arbitrary manner, to shut down the El Djazairia One channel.
On 17 December 2025, the economic and financial criminal division of Sidi M’hamed sentenced Ayoub Aïssiou in absentia to twenty years in prison, a sentence upheld by the Algiers Court on 15 March 2026. His wife, who moreover holds no professional occupation, along with his five brothers, each received fifteen years. Having been unable to arrest any of the Aïssiou brothers, who had left the country, the regime then turned against their father-in-law, former senator Bachir Ould Zemirli, sentenced to seven years and held at the Koléa penitentiary.
Settled in France since 2019, where he filed an asylum claim, Ayoub Aïssiou lives there with his wife and their two daughters. During 2026, French police reportedly warned him that his safety was under threat. Several investigations are said to be under way. This situation reportedly led him to join family members settled in Spain.
On Saturday 25 July 2026, on arriving at Barcelona-El Prat airport aboard a flight from Casablanca, he was arrested by Spanish police under an Algerian arrest warrant. Brought before a judge of the Audiencia Nacional, he was placed in provisional detention pending examination of the extradition request submitted by Algeria. The Spanish courts must issue a first decision within a maximum of forty days.
That request, transmitted through diplomatic channels on 3 June 2026, rests on an arrest warrant issued on 9 April 2026 by an investigating judge of the Algiers economic and financial division. The Algerian authorities allege complicity in forgery of public documents, use of forged documents and money laundering by an organised group.
These accusations are contested by Ayoub Aïssiou and his defence, who denounce a politically motivated procedure. His lawyers point in particular to his status as an asylum seeker and invoke the principle of non-refoulement, which prohibits handing a person over to a State where they would be exposed to a risk of persecution, an unfair trial or degrading treatment.
Ayoub Aïssiou es un empresario y una figura de los medios argelinos. Fundador de un grupo con actividades diversificadas, que van desde la importación hasta el sector inmobiliario, fue, entre otras empresas, propietario del canal de televisión El Djazairia One. Como muchos emprendedores de su generación, forjó su ascenso en la Argelia de los años 2000 y 2010. Hombre hecho a sí mismo, ascendió en el mundo de los negocios a fuerza de trabajo y perseverancia.
A partir de 2019, la caída de Abdelaziz Buteflika y la llegada al poder de Abdelmadjid Tebboune abrieron un periodo de ajustes de cuentas, presentado bajo la apariencia de la lucha contra la corrupción. El grupo Aïssiou fue señalado en primer lugar, antes de que las actuaciones se extendieran a toda la familia.
El dictador argelino consideró que todos aquellos, incluidos los empresarios, que se negaban a jurarle lealtad y a prestarle su apoyo debían ser desterrados. Fue en este contexto que el poder de Abdelmadjid Tebboune decidió, de manera totalmente arbitraria, proceder al cierre del canal El Djazairia One.
El 17 de diciembre de 2025, la sala penal económica y financiera de Sidi M’hamed condenó a Ayoub Aïssiou en ausencia a veinte años de prisión, pena confirmada por el Tribunal de Argel el 15 de marzo de 2026. Su esposa, que por lo demás no ejerce ninguna actividad profesional, así como sus cinco hermanos, recibieron quince años de prisión. Al no haber podido detener a ninguno de los hermanos Aïssiou, que habían abandonado el país, el régimen se volvió entonces contra su suegro, el exsenador Bachir Ould Zemirli, condenado a siete años de prisión y recluido en el centro penitenciario de Koléa.
Instalado en Francia desde 2019, donde presentó una solicitud de asilo, Ayoub Aïssiou vive allí con su esposa y sus dos hijas. A lo largo de 2026, la policía francesa le habría advertido de que su seguridad estaba amenazada. Al parecer, varias investigaciones estarían en curso. Esta situación lo habría llevado a reunirse con familiares instalados en España.
El sábado 25 de julio de 2026, a su llegada al aeropuerto de Barcelona-El Prat, a bordo de un vuelo procedente de Casablanca, fue detenido por la policía española en virtud de una orden de detención argelina. Presentado ante un juez de la Audiencia Nacional, quedó en prisión provisional a la espera del examen de la solicitud de extradición presentada por Argelia. La justicia española debe adoptar una primera decisión en un plazo máximo de cuarenta días.
Esa solicitud, transmitida por vía diplomática el 3 de junio de 2026, se basa en una orden de detención dictada el 9 de abril de 2026 por un juez de instrucción de la sala económica y financiera de Argel. Las autoridades argelinas invocan presuntos hechos de complicidad en falsedad en documento público, uso de documentos falsos y blanqueo de capitales en organización.
Estas acusaciones son rechazadas por Ayoub Aïssiou y su defensa, que denuncian un procedimiento de carácter político. Sus abogados subrayan en particular su condición de solicitante de asilo e invocan el principio de no devolución, que prohíbe entregar a una persona a un Estado en el que estaría expuesta a un riesgo de persecución, de juicio injusto o de tratos degradantes.
Chronologie · Timeline · Cronología
- 2019Exil en France, dépôt d’une demande d’asile.Exile in France, files an asylum claim.Exilio en Francia, presenta una solicitud de asilo.
- 17.12.2025Condamnation par défaut à 20 ans (Sidi M’hamed).Sentenced in absentia to 20 years (Sidi M’hamed).Condena en ausencia a 20 años (Sidi M’hamed).
- 15.03.2026Peine confirmée par la Cour d’Alger.Sentence upheld by the Algiers Court.Pena confirmada por el Tribunal de Argel.
- 09.04.2026Mandat d’arrêt d’un juge d’instruction d’Alger.Arrest warrant issued by an Algiers investigating judge.Orden de detención de un juez de instrucción de Argel.
- 03.06.2026Demande d’extradition transmise à l’Espagne.Extradition request sent to Spain.Solicitud de extradición enviada a España.
- 25.07.2026Arrestation à l’aéroport de Barcelone-El Prat.Arrest at Barcelona-El Prat airport.Detención en el aeropuerto de Barcelona-El Prat.
- 28.07.2026Placement en détention provisoire (Audiencia Nacional).Placed in provisional detention (Audiencia Nacional).Prisión provisional (Audiencia Nacional).
Derrière le dossier, il y a un père de deux filles, séparé des siens, dont la vie et la liberté dépendent aujourd’hui d’une décision de la justice espagnole.
Behind the case file stands a father of two daughters, separated from his family, whose life and liberty now depend on a decision of the Spanish courts.
Detrás del expediente hay un padre de dos hijas, separado de los suyos, cuya vida y libertad dependen hoy de una decisión de la justicia española.
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Non à l’extradition. Pour la remise en liberté d’Ayoub Aïssiou et le respect de ses droits fondamentaux.
No to extradition. For the release of Ayoub Aïssiou and respect for his fundamental rights.
No a la extradición. Por la liberación de Ayoub Aïssiou y el respeto de sus derechos fundamentales.
« Nous demandons aux autorités judiciaires espagnoles de rejeter la demande d’extradition visant Ayoub Aïssiou. »
"We call on the Spanish judicial authorities to reject the extradition request against Ayoub Aïssiou."
«Pedimos a las autoridades judiciales españolas que rechacen la solicitud de extradición contra Ayoub Aïssiou.»
Nous, signataires, rappelons qu’Ayoub Aïssiou est demandeur d’asile et qu’il est réclamé par l’Algérie dans une affaire à caractère politique. Le principe de non-refoulement et les engagements internationaux de l’Espagne interdisent de remettre une personne à un État où elle risque un procès inéquitable et des traitements dégradants.
Nous demandons sa remise en liberté immédiate et la protection de ses droits.
We, the undersigned, recall that Ayoub Aïssiou is an asylum seeker sought by Algeria in a politically driven case. The principle of non-refoulement and Spain’s international commitments prohibit surrendering a person to a State where they face an unfair trial and degrading treatment.
We call for his immediate release and for the protection of his rights.
Nosotros, los firmantes, recordamos que Ayoub Aïssiou es solicitante de asilo y está reclamado por Argelia en un caso de carácter político. El principio de no devolución y los compromisos internacionales de España prohíben entregar a una persona a un Estado donde corre el riesgo de un juicio injusto y de tratos degradantes.
Pedimos su liberación inmediata y la protección de sus derechos.
Ayoub Aïssiou
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Votre nom vient renforcer l’appel adressé à la justice espagnole.
Your name strengthens the appeal to the Spanish courts.
Su nombre refuerza el llamamiento a la justicia española.
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Revue de presse · Français
Articles de presse, français
Sélection d’articles issus de la presse indépendante, de la diaspora et de la presse internationale, rendant compte du dossier et des arguments de la défense. Les liens renvoient vers les publications d’origine.
Ce que Madrid s’apprête à livrer à la dictature algérienne
Analyse qui alerte sur l’extradition en préparation et dénonce le risque de livrer un opposant à la dictature algérienne, appelant Madrid à ne pas se faire l’instrument de cette répression.
Lire l’article →Arrestation de l’opposant algérien Ayoub Aïssiou à Barcelone : ça sent le règlement de comptes
Tribune du journaliste Hicham Aboud, qui présente Ayoub Aïssiou comme un opposant et voit dans son arrestation, exécutée sur un mandat algérien ancien, les marques d’un règlement de comptes politique.
Lire l’article →Ayoub Aissiou incarcéré dans l’attente d’une décision sur son extradition
Compte rendu détaillé du média indépendant algérien Twala : la procédure, les trois procurations contestées au cœur du dossier et les arguments de la défense, non-refoulement et risque de persécution, en soulignant que l’Espagne n’a pas accordé l’extradition.
Lire l’article →Espagne : la justice tranchera sur la demande d’extradition d’Ayoub Aïssiou formulée par Alger
Exposé de la procédure espagnole et des arguments de la défense, qui dénonce un dossier politique, invoque le non-refoulement et rappelle le précédent Djedei.
Lire l’article →Le magnat Ayoub Aïssiou arrêté en Espagne : une affaire judiciaire aux fortes résonances politiques
Retour sur la portée politique de l’affaire et sur les liens passés entre l’homme d’affaires et le sommet du pouvoir algérien.
Lire l’article →Revista de prensa · Español
Articles de presse, espagnol
Recopilación de los artículos dedicados al caso en la prensa española. Los enlaces remiten a las publicaciones originales.
Argelia pide extraditar a un opositor afincado en Tarragona
Reportaje que da la palabra a la defensa (el abogado César Aguirre): sostiene que se trata de una persecución política y que Aïssiou fue condenado sin notificación ni derecho de defensa. El texto recoge además una declaración del periodista Mohamed Sifaoui.
Ver el artículo →Un opositor argelino ingresa en prisión provisional en España tras una petición de extradición de Argel
El diario que reveló el caso: la detención en El Prat, la nota diplomática argelina y la aprobación del Consejo de Ministros. La defensa invoca la no devolución y su condición de solicitante de asilo.
Leer el artículo →Press review · English
Articles de presse, anglais
A digest of coverage of the case in the English-language press. Links point to the original publications.
Revue de presse · Autres langues
Articles de presse, autres langues
Articles publiés dans d’autres langues, notamment en arabe. Cette rubrique s’enrichira au fil de la couverture.
Le fond du problème · The core issue · El fondo del asunto
La vérité sur le système judiciaire algérien
The truth about Algeria’s justice system
La verdad sobre el sistema judicial argelino
La question posée à la justice espagnole n’est pas de dire si Ayoub Aïssiou est coupable, mais de vérifier s’il peut être remis à un État capable de le juger équitablement et de garantir sa sécurité. Or, sur ce point, le système judiciaire algérien fait l’objet de constats convergents et documentés.
01Une justice sous tutelle
En Algérie, l’indépendance de la justice demeure formelle. La carrière des magistrats, leurs nominations et leurs mutations relèvent d’un pouvoir exécutif dont la présidence de la République garde la haute main. Les mouvements massifs de magistrats et la mise au pas des organisations professionnelles ont été régulièrement dénoncés.
02La justice comme instrument politique
Depuis 2019, les tribunaux algériens ont été le théâtre de procès visant des figures du Hirak, des journalistes, des avocats et des écrivains. Les cas d’Ihsane El Kadi, de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal ou du journaliste français Christophe Gleizes ont retenu l’attention internationale. Les organisations de défense des droits humains, Amnesty International, Human Rights Watch, Reporters sans frontières, ainsi que des mécanismes des Nations unies, ont documenté des détentions arbitraires et des atteintes aux droits de la défense.
03La lutte anticorruption détournée
Les campagnes présentées comme la lutte contre la corruption ont trop souvent servi à démanteler des réseaux tombés en disgrâce, à saisir des patrimoines et à frapper des familles entières. Les condamnations par défaut, prononcées sans que les prévenus aient été régulièrement informés ni entendus, se comptent par dizaines, et s’accompagnent de vastes demandes de restitution d’avoirs adressées à de nombreux pays.
04Détention et traitements
Les conditions de détention et des allégations de mauvais traitements sont régulièrement rapportées par les organisations spécialisées. Pour une personne réclamée dans une affaire à forte charge politique, le risque d’un procès inéquitable et d’un traitement dégradant ne relève pas de l’hypothèse.
05Ce que dit le droit
Le droit européen et international encadre strictement l’extradition. La Convention européenne des droits de l’homme (articles 3 et 6), la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et la Convention de Genève de 1951 interdisent de remettre une personne lorsqu’existe un risque réel de déni de justice flagrant, de persécution ou de traitements inhumains. C’est sur ce fondement que l’Audiencia Nacional a refusé, le 27 janvier 2026, d’extrader l’ancien sénateur Abdelkader Djedei vers l’Algérie. Le même raisonnement s’applique au cas d’Ayoub Aïssiou.
The question before the Spanish courts is not whether Ayoub Aïssiou is guilty, but whether he can be handed to a State able to try him fairly and to guarantee his safety. On that point, Algeria’s justice system is the subject of consistent and well-documented findings.
01A judiciary under tutelage
In Algeria, the independence of the judiciary remains formal. The careers of magistrates, their appointments and their transfers depend on an executive power over which the Presidency retains firm control. Mass reassignments of judges and the sidelining of professional associations have been repeatedly denounced.
02Justice as a political instrument
Since 2019, Algerian courts have hosted trials targeting figures of the Hirak movement, journalists, lawyers and writers. The cases of Ihsane El Kadi, of the Franco-Algerian writer Boualem Sansal and of the French journalist Christophe Gleizes have drawn international attention. Human rights organisations, Amnesty International, Human Rights Watch, Reporters Without Borders, together with United Nations mechanisms, have documented arbitrary detentions and violations of the rights of the defence.
03Anti-corruption diverted
Campaigns presented as the fight against corruption have too often served to dismantle networks that had fallen from favour, to seize assets and to strike entire families. In-absentia convictions, handed down without defendants being properly notified or heard, number in the dozens, accompanied by sweeping asset-recovery requests sent to many countries.
04Detention and treatment
Detention conditions and allegations of ill-treatment are regularly reported by specialised organisations. For a person sought in a case with a strong political charge, the risk of an unfair trial and of degrading treatment is not hypothetical.
05What the law says
European and international law strictly frames extradition. The European Convention on Human Rights (Articles 3 and 6), the Charter of Fundamental Rights of the European Union and the 1951 Geneva Convention prohibit surrendering a person where there is a real risk of a flagrant denial of justice, of persecution or of inhuman treatment. It was on this basis that the Audiencia Nacional refused, on 27 January 2026, to extradite former senator Abdelkader Djedei to Algeria. The same reasoning applies to the case of Ayoub Aïssiou.
La cuestión que se plantea a la justicia española no es si Ayoub Aïssiou es culpable, sino si puede ser entregado a un Estado capaz de juzgarlo con equidad y de garantizar su seguridad. En ese punto, el sistema judicial argelino es objeto de constataciones convergentes y documentadas.
01Una justicia tutelada
En Argelia, la independencia de la justicia sigue siendo formal. La carrera de los magistrados, sus nombramientos y sus traslados dependen de un poder ejecutivo sobre el que la Presidencia mantiene el control. Los traslados masivos de jueces y el sometimiento de las organizaciones profesionales han sido denunciados de forma reiterada.
02La justicia como instrumento político
Desde 2019, los tribunales argelinos han sido escenario de procesos contra figuras del Hirak, periodistas, abogados y escritores. Los casos de Ihsane El Kadi, del escritor franco-argelino Boualem Sansal o del periodista francés Christophe Gleizes han atraído la atención internacional. Las organizaciones de derechos humanos, Amnistía Internacional, Human Rights Watch, Reporteros Sin Fronteras, así como mecanismos de las Naciones Unidas, han documentado detenciones arbitrarias y vulneraciones del derecho de defensa.
03La lucha anticorrupción desviada
Las campañas presentadas como lucha contra la corrupción han servido con demasiada frecuencia para desmantelar redes caídas en desgracia, incautar patrimonios y golpear a familias enteras. Las condenas en ausencia, dictadas sin que los acusados hayan sido debidamente informados ni oídos, se cuentan por decenas y se acompañan de amplias solicitudes de restitución de bienes dirigidas a numerosos países.
04Detención y tratos
Las condiciones de detención y las denuncias de malos tratos son señaladas con regularidad por las organizaciones especializadas. Para una persona reclamada en un caso de fuerte carga política, el riesgo de un juicio injusto y de tratos degradantes no es una hipótesis.
05Lo que dice el derecho
El derecho europeo e internacional regula estrictamente la extradición. El Convenio Europeo de Derechos Humanos (artículos 3 y 6), la Carta de los Derechos Fundamentales de la Unión Europea y la Convención de Ginebra de 1951 prohíben entregar a una persona cuando existe un riesgo real de denegación flagrante de justicia, de persecución o de tratos inhumanos. Sobre esa base, la Audiencia Nacional se negó, el 27 de enero de 2026, a extraditar a Argelia al exsenador Abdelkader Djedei. El mismo razonamiento se aplica al caso de Ayoub Aïssiou.
En un mot. Demander la libération d’Ayoub Aïssiou et le refus de son extradition, ce n’est pas contester la lutte légitime contre la délinquance financière. C’est refuser que l’Europe devienne l’instrument d’une répression transnationale et exiger le respect des garanties fondamentales dues à toute personne.
In short. To call for the release of Ayoub Aïssiou and for his extradition to be refused is not to challenge the legitimate fight against financial crime. It is to refuse that Europe become the instrument of a transnational repression, and to demand respect for the fundamental guarantees owed to every person.
En pocas palabras. Pedir la liberación de Ayoub Aïssiou y el rechazo de su extradición no es cuestionar la lucha legítima contra la delincuencia financiera. Es rechazar que Europa se convierta en instrumento de una represión transnacional y exigir el respeto de las garantías fundamentales debidas a toda persona.